• Les gares au secours des SDF

      Quand les gares s'associent pour les sans-abris

     

    Si on luttait contre la pauvreté au niveau européen? Retour sur le projet "Hope" pour l'amélioration de la prise en charge des sans-abris dans les gares.

     Cet article a initialement été publié dans la Lettre professionnelle "Tendances de l’innovation sociétale" N°53 du 8 mars 2013.

    Projet européen de coopération entre les entreprises ferroviaires, les pouvoirs publics et les associations, "Hope in Stations" ("Homeless People in European train stations", les sans-abris dans les gares) a permis de tester et d’évaluer l’impact, dans chaque gare, de la mise en place d’un poste de référent social. Ce dernier était chargé de coordonner la prise en charge des sans-abris ainsi que d’un module de formation à destination des personnels en gare (agents ferroviaires, de nettoyage, de sécurité...).

    Un numéro unique en gare du Nord

    Le projet s’est déployé en plusieurs phases. De janvier à avril 2010, une analyse du sans-abrisme dans les gares a permis de faire émerger des bonnes pratiques. Ainsi, la gare de Rome Termini était-elle dotée depuis 2002 d’un "Help center", local unique financé par les pouvoirs publics et les entreprises ferroviaires à partir duquel les sans domicile fixe étaient orientés vers des services sociaux. À la gare du Nord de Paris existait le système "alerte exclusion", un numéro unique pour les commerçants et le personnel de la gare permettant de signaler la présence de sans-abris aux associations.

    Après le recensement des bonnes pratiques, l’Agence pour les nouvelles solidarités actives (Ansa) a proposé, en avril 2010, la création d’un poste de référent social aux partenaires, qui a été suivie d’une première évaluation.

    Le 1er septembre 2010, trois référents sociaux mandatés par les entreprises ferroviaires et formés par les partenaires du projet ont pris leur poste dans les gares de Paris Nord et Est, Bruxelles Central et Rome Termini. Les référents sociaux ont organisé des réunions avec les associations, ont tissé des liens avec les sans-abris, ont contribué à la mise en place d’un programme de formation d’une journée pour le personnel en gare sur la problématique de l’errance et des droits des sans-abris. En septembre 2011 a eu lieu l’évaluation finale.

    Le référent social, un intermédiaire efficace

    Hope in stations a permis de prouver l’efficacité des référents sociaux dans les gares et celle des formations à destination des personnels confrontés à l’errance. 160 agents ferroviaires, prestataires compris, ont ainsi été formés en France, en Belgique et en Italie.

    "Au départ, les associations et les entreprises ferroviaires avaient beaucoup de mal à se comprendre, ces premières estimant que les entreprises ferroviaires voulaient avant tout se débarrasser des sans-abris. Finalement, Hope in stations leur a permis de se mettre d’accord sur le constat que la gare devait être un toit ponctuel, pas permanent. Les associations ont trouvé que leur travail avait été fluidifié par le référent, leur permettant ainsi d’intervenir plus rapidement, et les sans-abris ont eux aussi constaté une baisse des tensions, notamment avec les agents de sécurité", explique Sylvie Le Bars, responsable de la cellule Europe à l’Ansa.

    De son côté, la SNCF, qui a financé l’expérimentation à hauteur de 40.000 euros, se dit satisfaite. "Hope in stations nous a permis de compléter notre dispositif de prise en charge des sans-abris, notamment en rendant obligatoires la formation des agents commerciaux en gare et la création du référent social à Paris Nord", explique Vincent Bouznad, responsable de l’engagement sociétal à la SNCF, un pôle intégré à la Direction développement durable de l’entreprise. La SNCF, qui a déjà étendu le principe du référent social aux gares du Sud de Paris (Montparnasse, Lyon et Austerlitz) réféchit à créer d’autres postes en régions.

    Une démarche collective à construire

    Alors qu’un bureau de référent social ouvrira au Luxembourg au premier semestre 2014, Varsovie n’a pas encore pris de décision et aucun local n’a ouvert à Madrid, faute de budget. Berlin a, de son côté, préféré continuer à travailler directement avec les associations. "Ce n’est pas tant le coût du référent qui pose problème, mais l’acceptation de la démarche globale par les acteurs des transports pour qui la démarche sociale n’est pas évidente", juge Sylvie Le Bars.

    Le projet Hope in stations a été prolongé au 1er mars 2012 par l’expérience Work in stations ("Working On Reinclusion Know-how in European train stations"), qui vise à développer sur le territoire des gares des activités d’insertion par le travail.


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