Créé le 27-03-2013
Le manque d’intensité lumineuse pourrait expliquer 1/3 des cas de trouble de l’attention et de l’hyperactivité (TDHA) chez l’enfant et jusqu’à 57 % chez l’adulte.
Telle est l’incroyable découverte qu’ont faite des chercheurs de l’université de Utrecht University, du Research Institute Brainclinics, de la Leiden University, et de l’Ohio State University publiée dans la revue Biological Psychiatry. Les chercheurs ont comparé la carte de prévalence du TDHA (chez les enfants) et celle de l’intensité solaire mesurée sur le territoire des États-Unis.
« Nous avions un modèle théorique, selon lequel les patients hyperactifs qui souffrent pour beaucoup de difficultés d’endormissement, étaient influencés par le
Ensoleillement: orange: 6,78 kwh/jour à vert:3 kwh/jour (environ)
rythme circadien (correspondant à un cycle de 24 heures), explique Martjin Arns chercheur au Research Institute Brainclinics. Nous avons eu alors l’idée de comparer les deux cartes de 2003 et 2007 et nous avons constaté une parfaite correspondance. » De fait, vous pouvez constater (... )
que les images correspondent parfaitement !
Les chercheurs ont alors procédé à la même comparaison dans neuf autres pays où de telles données étaient disponibles (France, Allemagne, Belgique, Hollande, Italie, Colombie, Mexique, Espagne, Liban). Et là, encore, les courbes de données se superposent, chez l’enfant et chez l’adulte !
Pourcentage d'enfants entre 4 et 17 ans présentant des troubles du comportement ou une hyperactivité: bleu pâle:5,6% à 7,9 %; noir:14% à15,9 %.
Selon Martjin Arns le TDAH serait lié, pour un sous-groupe du moins, à des troubles du sommeil générant des difficultés de vigilance et de concentration diurnes, liés eux-mêmes à un manque de lumière naturelle. En effet, « on voit s’accroître deux phénomènes. Tout d’abord on sort de moins en moins dehors la journée. Et le soir, on utilise de plus en plus des outils modernes comme les tablettes, les ordinateurs ou les smartphones, qui émettent une lumière bleue. Or cette lumière bleue (de longueur d’ondes entre 464 et 484 nanomètres très présentes dans les LED), on le sait, perturbe l’horloge biologique. »
Les auteurs proposent alors un antidote simple pour améliorer le sommeil et les symptômes du TDHA. « Il faut s’exposer davantage à la lumière naturelle matinale (comme sortir le chien, aller à l’école à pied, favoriser les jeux dehors). Et le soir réduire les écrans ou réfléchir à des solutions de changements de couleur d’écran grâce à un utilitaire gratuit comme f.lux ».
Elena Sender, Sciences et Avenir, 27/03/13